Des plaques commémoratives sont apposées dans plusieurs gares afin de rappeler le rôle joué par le réseau ferroviaire dans les arrestations et les transferts de Juifs depuis la zone non occupée. Elles rendent notamment hommage aux victimes de la politique de persécution et de déportation mise en œuvre par le gouvernement de Vichy à partir de 1942, et permettent de préserver la mémoire de ces départs, parfois depuis de petites gares aujourd’hui profondément transformées.
Ces plaques constituent autant de repères mémoriels au sein du réseau ferroviaire français. Elles permettent de mieux comprendre la géographie des persécutions et de rappeler que les arrestations, les transferts et les départs vers la déportation ne se sont pas concentrés dans les grandes gares parisiennes ou les principaux camps d’internement.
Dans la zone non occupée, de nombreuses gares ont ainsi été des lieux de transit et de départ. Elles inscrivent la persécution des Juifs dans les territoires et les infrastructures du quotidien.
Au cours de l’été 1942, le gouvernement de Vichy livre aux autorités allemandes près de 10 000 Juifs étrangers jusque-là internés dans des camps de la zone non occupée. Transférés vers Drancy, ils sont ensuite déportés vers les centres de mise à mort nazis. Ces opérations, menées avec la participation des autorités françaises, constituent un épisode majeur de la politique de persécution et de collaboration de l’État français.
Chalon-sur-Saône et Vierzon : inscrire les lieux de départ dans la mémoire
En novembre 2012, une première plaque est inaugurée en gare de Chalon-sur-Saône, en présence de Serge Klarsfeld, président de l’association des Fils et Filles des Déportés Juifs de France (FFDJF). Elle rappelle la mémoire des Juifs arrêtés par les forces du gouvernement de Vichy dans la zone non occupée et déportés depuis Chalon-sur-Saône en sept convois.
Une seconde plaque est également apposée en gare de Vierzon, dans le Cher, autre point stratégique du réseau ferroviaire situé à proximité de l’ancienne ligne de démarcation. Ces deux lieux rappellent le rôle des infrastructures ferroviaires dans les parcours imposés aux personnes persécutées : de l’arrestation à l’internement, puis au transfert vers Drancy et, pour nombre d’entre elles, vers les centres de mise à mort.
Saint-Priest : le souvenir d’une rafle


Sur le parvis de la gare de Saint-Priest, dans le Rhône, une autre plaque commémorative est dévoilée en août 2014.
Elle rappelle un épisode particulièrement marquant des persécutions menées dans la zone non occupée. Le 26 août 1942, 1 016 Juifs étrangers sont arrêtés simultanément dans dix départements. Après leur arrestation et leur regroupement, 545 d’entre eux quittent la gare de Saint-Priest le 29 août 1942, dans un convoi à destination du camp de Drancy.
De Drancy, les personnes internées sont progressivement déportées vers les centres de mise à mort nazis, principalement Auschwitz-Birkenau. Par leur présence dans les gares et sur leurs parvis, ces plaques font ainsi émerger une géographie mémorielle de la persécution. Elles rappellent, au cœur même des lieux de passage et de la vie quotidienne, les trajectoires de celles et ceux dont le destin a basculé ici.
