Étudiante en anglais à la Sorbonne, Hélène Berr a 21 ans lorsqu’elle commence à tenir son journal, en avril 1942. Elle y raconte son quotidien dans un Paris occupé, ses études, ses promenades, ses lectures et ses rencontres, tandis que les mesures antisémites imposées par le régime de Vichy et l’occupant allemand bouleversent progressivement son existence.
Au fil des pages, le journal témoigne de la mise à l’écart des Juifs, de l’arrestation de proches et de la montée des persécutions. Hélène Berr y consigne également ses réflexions, ses espoirs et ses interrogations face à une réalité dont elle mesure progressivement la gravité. Arrêtée avec ses parents, elle est déportée le 27 mars 1944 vers Auschwitz-Birkenau, puis transférée au camp de Bergen-Belsen, où elle meurt en avril 1945, quelques jours avant la libération du camp.
Publié pour la première fois en 2008, son Journal constitue un témoignage exceptionnel sur la vie quotidienne et les persécutions antisémites à Paris pendant l’Occupation. Écrit au présent, avec une grande précision et une remarquable sensibilité, il donne à voir l’histoire à travers le regard d’une jeune femme confrontée à la disparition progressive de ses libertés et de son monde familier.
Dans son film Hélène Berr, une jeune fille dans Paris occupé, réalisé en 2013, Jérôme Prieur s’appuie principalement sur des extraits du Journal, accompagnés d’images d’archives et de sobres reconstitutions. Sans chercher à dramatiser le récit, le réalisateur fait entendre la voix d’Hélène Berr et restitue, à travers ses écrits, le quotidien d’une jeune Parisienne confrontée aux persécutions et à la déportation.

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