Les plaques commémoratives

Rappeler la mémoire des départs en déportation dans les gares

En souvenir des victimes de la Déportation, SNCF s’attache depuis de nombreuses années à faire poser des plaques commémoratives dans les gares d’où sont partis les convois de déportés :

– vers les camps d’internement, telle la plaque dévoilée à Latour-de-Carol (Pyrénées-Orientales), en 1993 ;
– vers les camps de concentration : à Fréjus (Var) et Nanteuil-Saâcy (Seine-et-Marne) en 1993, à Toulouse en 2004, à Merrey (Haute-Marne) en 2005, à Compiègne (Oise)…
– vers les camps d’extermination : à Langeais (Indre-et-Loire) en 1949, à Montélimar en 1976, à Paris-Gare de l’Est en 1992, à Lyon-Perrache en 2004, à Longages-Noé (Haute-Garonne) en 2006, à Paris-Austerlitz, à Compiègne…

Les plaques dans les gares des départs vers Drancy depuis la zone non occupée

Des plaques sont également posées pour commémorer les départs en déportation depuis la zone non occupée : en novembre 2012, en présence de Serge Klarsfeld, président de l’association FFJDF, une plaque est inaugurée en gare de Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire) à la mémoire des Juifs arrêtés par les forces du gouvernement de Vichy et déportés de la zone non occupée, en sept convois. Une seconde plaque est également apposée en gare de Vierzon (Cher), autre grande gare de la ligne de démarcation.

Sur le parvis de la gare de Saint-Priest (Rhône), une plaque dévoilée en août 2014 rappelle quant à elle que, le 26 août 1942, 1 016 Juifs étrangers sont arrêtés dans 10 départements de la zone non occupée. Sur les 1 016 personnes raflées, 545 quittent la petite gare de Saint-Priest le 29 août en direction du camp de Drancy.

Au total, ce sont près de 10 000 juifs étrangers, jusque-là internés dans des camps de la zone non occupée, qui sont livrés en août 1942 aux nazis par le gouvernement de Vichy, transportés vers Drancy, avant d’être déportés.

Inauguration, le 29 août 2014 en gare de Saint-Priest, de la plaque en hommage aux 545 juifs étrangers partis pour Drancy le 29 août 1942. ©D.R.
Hommage le 29 août 2014 aux 545 juifs étrangers partis pour Drancy le 29 août 1942. ©D.R.

Hommage aux sauveteurs d’enfants juifs à Lille

Une plaque commémorative a été apposée sur le site de l’ancienne gare de marchandises de Lille-Fives le 11 septembre 2016 pour rendre hommage au courage de 24 cheminots qui, au péril de leur vie, ont sauvé 42 personnes dont beaucoup d’enfants de la déportation en 1942.

 Le 11 septembre 1942, les autorités allemandes font procéder à une grande rafle de Juifs dans le Nord et le Pas-de-Calais, deux départements alors rattachés au commandement militaire allemand de Bruxelles. Plusieurs centaines de personnes sont arrêtées dans toute la région, de Lens à Valenciennes et de Douai à Tourcoing, et rassemblées à la gare de Fives. Trompant la surveillance de l’occupant, des cheminots réussissent à faire sortir 34 personnes, principalement des enfants, de l’emprise ferroviaire ou de la locomotive peu après le départ du convoi et à les cacher jusqu’à la Libération, les sauvant d’une mort certaine.

Dévoilement, le 11 septembre 2016, de la plaque rappelant le sauvetage de 34 personnes par des cheminots avant leur embarquement dans un train en direction du camp de transit de Malines, par deux personnes sauvées le 11 septembre 1942. ©D.R.

La mémoire des cheminots victimes de la guerre

Depuis 15 ans, le Cercle généalogique des cheminots collecte, photographie, archive et répertorie les plaques commémoratives dans les emprises ferroviaires. En octobre 2019, 3 449 lieux ont été visités, 1 885 plaques ont été répertoriées, parmi lesquelles 1 044 sont relatives aux deux guerres mondiales. 20 071 noms sont inscrits sur ces plaques, dont 14 865 pour la période 1939-1945, certains noms pouvant figurer sur plusieurs plaques.

On estime à 10 000 les cheminots victimes de la guerre : sous l’uniforme en 1940 et 1944-1945, dans l’exercice de leur profession, par « faits de guerre » (par exemple les conducteurs des locomotives mitraillées par des avions), ou victimes des bombardements aériens, souvent avec leurs familles dans les cités cheminotes proches des voies visées par les Alliés. 2 200 d’entre eux sont morts par mesure de répression, menée par les autorités d’occupation ou par l’État français.

En 1945, la direction de la SNCF demande aux établissements d’établir des plaques commémoratives en hommage à leurs collègues victimes de la guerre. Elles sont principalement visibles dans les gares.

En savoir plus sur le Cercle généalogique des cheminots : http://genealogie.cheminots.free.fr/page6.htm

Plaque à la mémoire des cheminots d’une petite gare ©Cercle généalogique des cheminots