Partenariat avec des lieux de mémoire

SNCF contribue depuis 1992 à l’aménagement de lieux de mémoire de la Seconde Guerre mondiale. L’entreprise a également noué des partenariats avec plusieurs lieux de mémoire et mémoriaux dans le but de contribuer à leur rénovation et à leurs actions pédagogiques.

En août 1998, un wagon témoin en gare de Langeais (Indre-et-Loire), rénové par SNCF, et offert à la ville de Langeais par l’Association française des déportés des évadés des trains de déportation, devient Monument national des Évadés des trains de déportation. Il rappelle un événement peu connu : l’évasion massive, le 6 août 1944, de détenus du dernier convoi de déportation de l’Ouest de la France, à la faveur d’attaques aériennes alliées, avec l’aide d’habitants, mais au prix de nombreux morts et blessés. ©Ville de Langeais

Le camp de Drancy

La Cité de la Muette à Drancy (banlieue nord de Paris) est entre 1941 et 1944 un camp d’internement puis de regroupement des Juifs de France en vue de leur déportation. Sur les 75 721 Juifs déportés de France, près de 63 000 partent du camp de Drancy. Ils sont embarqués d’abord à la gare du Bourget-Drancy puis, à partir de juillet 1943, à la gare de Bobigny, principalement à destination d’Auschwitz-Birkenau. En 1945, il y avait 5,2 % de survivants.

Vue depuis le mémorial de la Shoah à Drancy sur l’entrée de la Cité de La Muette et le monument. ©P.-E. Weck / Mémorial de la Shoah


SNCF est intervenue à plusieurs reprises dans ce lieu de mémoire : en 1988, elle contribue au projet du Conservatoire historique du camp de Drancy par le don à la ville d’un wagon témoin qui est placé à l’entrée de la Cité de la Muette.

En 2005, elle soutient le projet de réhabilitation du tunnel des évadés de Drancy. Ce tunnel avait été creusé à partir de septembre 1943 par des détenus se relayant jour et nuit afin de permettre l’évasion d’un maximum d’internés. Lorsque les Allemands le découvrirent deux mois plus tard, il mesurait 38,50 mètres de long, 1,30 mètre de haut et environ 80 centimètres de large. Il ne restait à creuser que 2 mètres pour arriver au but, hors de l’enceinte du camp. Les Allemands arrêtèrent 14 personnes. Elles furent torturées puis déportées, le 20 novembre 1943. Sur les 14 prisonniers, 12 sautèrent du train en marche et purent rejoindre la Résistance.
SNCF a également participé au financement du film Drancy, dernière étape avant l’abîme de Cécile Clairval-Milhaud (2002).

Plaque commémorative du « Tunnel des évadés de Drancy » ©AACPN, 2014
Le wagon donné à la Ville de Drancy, inclus dans le monument à l’entrée de la Cité de la Muette ©Nicolas Lahaye, 2008

Pour en savoir plus : site du mémorial de la Shoah de Drancy

Bobigny, lieu de mémoire en devenir

De juillet 1943 à août 1944, le site de l’ancienne gare de marchandises de Bobigny (aujourd’hui en Seine-Saint-Denis), est le lieu de départ de la déportation des Juifs de France détenus au camp d’internement et de transit de Drancy, situé à 2 kilomètres. Il succède à la gare du Bourget-Drancy. En 13 mois, les autorités allemandes déportent au départ de cette gare près de 22 500 hommes, femmes et enfants vers les camps d’extermination.
Étape essentielle de la déportation et de l’extermination des Juifs de France, ce site de 3,50 hectares fait l’objet depuis le début des années 2000 d’un projet de valorisation. Il vise à préserver ce patrimoine comme trace de l’histoire et de la mémoire de la Shoah, dans le respect de son authenticité.

Le site ferroviaire de Bobigny est resté quasiment identique à ce qu’il était pendant la guerre. Ce sont les mêmes rails, les mêmes traverses, le même ballast, les mêmes pavés, le même univers, au fort pouvoir évocateur. En 2004, un projet de valorisation entre dans une phase active. L’année suivante, le site est inscrit dans sa totalité – bâtiments, voies ferrées et sols – à l’inventaire des Monuments historiques. SNCF annonce en décembre 2008 sa décision de mettre ces terrains à la disposition de la Ville de Bobigny.

Une date à retenir : le 25 janvier 2011

Le 25 janvier 2011, Catherine Peyge, maire de Bobigny, et Guillaume Pepy, président de SNCF, signent une convention de partenariat qui entérine cette décision, avec pour objectif de réhabiliter le site ferroviaire en un lieu de mémoire.

À cette occasion, Guillaume Pepy prononce un discours solennel en présence d’anciens déportés et de personnalités de la communauté juive française, dans lequel il exprime « la profonde douleur et les regrets de la SNCF pour les conséquences des actes de la SNCF de l’époque », en évoquant le rôle de l’entreprise dans la Déportation.

Guillaume Pepy, président de SNCF, exprime les regrets de l’entreprise à Bobigny, le 25 janvier 2011, devant Simone Veil, présidente de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, et Catherine Peyge, maire de Bobigny. ©SNCF médiathèque – Jean-Jacques D’Angelo

« La SNCF de l’époque, réquisitionnée, prit part à cette mécanique de l’inhumain, conformément au programme de l’occupant nazi et de ses collaborateurs français. […] Contrainte, certes, notre entreprise a acheminé ces trains jusqu’à la frontière. Elle l’a fait. […]

Ici, en ces lieux qui désormais s’inscrivent dans la mémoire de chacun, je veux dire aujourd’hui la profonde douleur et les regrets de la SNCF pour les conséquences des actes de la SNCF de l’époque.

En son nom, je m’incline devant les victimes, les survivants et les enfants de déportés, et devant la souffrance qui vit encore. »

Pour en savoir plus sur le site de Bobigny et l’engagement de SNCF :


En janvier 2012, le site accueille une exposition provisoire intitulée « Bobigny, une gare entre Drancy et Auschwitz », réalisée grâce au soutien de SNCF. Elle est inaugurée par Catherine Peyge et Guillaume Pepy le 27 janvier 2012, à l’occasion de la Journée internationale à la mémoire des victimes de l’Holocauste et de la prévention des crimes contre l’humanité, journée marquant l’anniversaire de la libération du camp de concentration et d’extermination d’Auschwitz-Birkenau, le 27 janvier 1945.

Inauguration de l’exposition provisoire « Bobigny, une gare entre Drancy et Auschwitz », 27 janvier 2012 ©Philippe Fraysseix
Inauguration de l’exposition provisoire « Bobigny, une gare entre Drancy et Auschwitz », 27 janvier 2012 ©Philippe Fraysseix

Dans le cadre de l’exposition est projeté le film Bobigny, une gare entre Drancy et Auschwitz, réalisé par la Ville de Bobigny en 2010 à l’occasion d’une collecte de témoignages. Il retrace l’histoire du site et fait entendre la voix des derniers témoins : visionner le film.

Une fonction mémorielle et une fonction pédagogique

Le site de l’ancienne gare de déportation de Bobigny est un lieu historique et un symbole. Il assure désormais également une fonction de lieu de mémoire. En se rendant à l’endroit même d’où des milliers de personnes ont été déportées, le visiteur évoque la mémoire des disparus et peut leur rendre hommage.

Une fonction pédagogique est désormais dévolue au site, qui doit également transmettre cette mémoire à un large public, notamment aux plus jeunes, afin de lutter contre l’oubli et la banalisation des crimes contre l’humanité. Le lieu permet de sensibiliser les visiteurs aux mécanismes qui ont conduit au génocide des Juifs, dans le but de promouvoir les valeurs de la démocratie et de lutter contre l’intolérance et les dérives extrémistes du présent.

Grande halle de Bobigny : un espace pour abriter la mémoire

Dans le cadre de l’accord de partenariat entre SNCF et la Ville de Bobigny conclu en janvier 2011, SNCF a procédé, avec le soutien du Conseil régional d’Île-de-France, à la réhabilitation de la halle des marchandises, pour en faire un lieu d’accueil. Ce bâtiment, qui n’a pas joué de rôle dans la déportation durant la Seconde Guerre mondiale, se situe tout près des voies où étaient garés les wagons dans lesquels montaient les déportés. Depuis 2012, ses deux façades servent de support mémoriel et d’affichage, présentant notamment la liste des convois de déportation.
La halle restaurée a été inaugurée le 27 janvier 2015, 70e anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz-Birkenau.
Le maire de la commune, Stéphane De Paoli, les représentants de SNCF et de l’AFMA (Association Fonds Mémoire d’Auschwitz) ont salué cette étape dans la réalisation du site-mémorial.

« Aujourd’hui, s’il nous importe de nous souvenir, il nous tient également à cœur de transmettre. Transmettre inlassablement ce que fut la Shoah. Il nous incombe de faire comprendre à tous ce que sont les fondements de notre humanité. Personne, aucun individu n’a le droit de mort sur un autre individu. Dans ces temps si difficiles pour notre Nation, nous devons nous attacher à faire comprendre cette idée fondamentale aux plus jeunes d’entre nous. […] Mon espoir est que nous puissions transmettre un message de paix. Être soi-même, que l’on soit musulman, juif ou chrétien, croyant ou non… n’a de sens que si nous sommes capables d’être aussi ensemble dans l’unité et le partage de valeurs communes. »

Discours de Stéphane De Paoli, maire de Bobigny, le 27 janvier 2015, lors de l’inauguration de la restauration de la halle marchandises de l’ancienne gare de déportation de Bobigny.
Inauguration de la halle marchandises restaurée, le 27 janvier 2015. ©SNCF
Discours de Stéphane De Paoli, maire de Bobigny, le 27 janvier 2015. ©SNCF

Des aménagements paysager et scénographique

À l’issue d’un programme de travaux d’aménagement paysager et scénographique, l’ancienne gare de Bobigny, intégrée à l’environnement urbain, deviendra un site-mémorial à part entière, lieu de transmission de l’histoire et de la mémoire de la déportation des Juifs de France durant la Seconde Guerre mondiale.

Pour en savoir plus : site de l’ancienne gare de déportation de Bobigny
Visites du site de Bobigny
: http://garedeportation.bobigny.fr/56/visiter-la-gare.htm
Visites du site pour les groupes et groupes scolaires : sur demande, auprès du Service Patrimoine historique et mémoriel : tél. 01 48 96 25 88 ou 01 48 96 25 86
Visites individuelles : inscription auprès du comité départemental du tourisme de Seine-Saint-Denis, 140, avenue Jean-Lolive, 93695 Pantin. Tél. 01 48 15 98 98 – exploreparis.com

Accès :
Ancienne gare de déportation, 69-151, avenue Henri-Barbusse 93000 Bobigny
Métro ligne 5, station Pablo Picasso puis tram T1 en direction de Saint-Denis, arrêt Escadrille Normandie Niemen ; bus n° 151 depuis la porte de Pantin en direction de Bondy Jouhaux-Blum, arrêt Gare (grande ceinture) ; par route : A86 sortie Drancy-Bobigny.
Toutes les informations sur l’ancienne gare de Bobigny : http://garedeportation.bobigny.fr/56/visiter-la-gare.htm

Rénovation du Mémorial de la Shoah

  • La SNCF soutient le Mémorial de la Shoah depuis presque vingt ans.
  • En 2002, par une décision en Conseil d’administration, la SNCF décide de soutenir la rénovation des bâtiments du Mémorial. Le bâtiment restauré présente le Mur des Noms où sont inscrits les noms, prénoms et dates de naissance des Juifs de France déportés par les nazis.
  • En 2010, la SNCF signe un partenariat quadriennal avec le Mémorial et devient entreprise partenaire principale du Mémorial. Elle souhaite contribuer ainsi aux actions pédagogiques et d’enseignement sur la Shoah organisées pour les jeunes générations et les enseignants.
  • En décembre 2013, la SNCF remet au Mémorial une copie de l’ensemble de ses archives historiques numérisées de la période 1939-1945 (une copie a également été remise à Yad Vashem (Jérusalem) et à l’USHMM (Washington).
Dimanche 27 avril 2014, une cérémonie de lecture des noms des déportés juifs de France s’est tenue au Mémorial de la Shoah. De nombreuses personnalités y ont participé, dont le ministre de l’Intérieur, le secrétaire d’État aux Anciens Combattants, la maire de Paris, le préfet de Police, des ambassadeurs, des personnalités religieuses, civiles et militaires, ainsi que Guillaume Pepy, président de SNCF, membre du conseil d’administration du Mémorial de la Shoah. ©Mémorial de la Shoah

Pour en savoir plus : site du Mémorial de la Shoah

Le camp des Milles

Ouvert en septembre 1939 au sein d’une tuilerie située entre Aix-en-Provence et Marseille (Bouches-du-Rhône), le camp des Milles voit passer entre 1939 et 1942 plus de 10 000 internés originaires de 38 pays, d’Allemagne en particulier. La plupart ont fui le totalitarisme et les persécutions et croient avoir trouvé un asile en France. Parmi eux se trouvent de nombreux artistes et intellectuels, tels Max Ernst, Hans Bellmer et Lion Feuchtwanger qui rejoindront les États-Unis grâce à l’action de Varian Fry. Ils y développent une vie culturelle active et résistent par l’esprit en créant des centaines d’œuvres, dont certaines sont encore visibles sur place. En août et septembre 1942, le gouvernement de Vichy organise la déportation de plus de 2 000 hommes, femmes et enfants juifs vers Drancy et Rivesaltes. Ils sont ensuite déportés vers Auschwitz.

Sur le site de l’ancien camp, SNCF fait installer en 1992 un wagon du souvenir. Lorsqu’en 2012 est inauguré le site-mémorial du camp des Milles, musée d’histoire et des sciences de l’Homme, SNCF apporte son soutien à l’importante action pédagogique qui y est menée. Le site-mémorial a été conçu en effet principalement pour les jeunes, non seulement comme un musée d’histoire et un lieu de mémoire préservé, mais aussi comme un espace pédagogique apportant des clés de compréhension qui peuvent les aider à réagir face au racisme, à l’antisémitisme et à tous les fanatismes.

Il inclut désormais dans l’exposition permanente l’exposition nationale réalisée par Serge Klarsfeld et l’Association des Fils et Filles des Déportés Juifs de France, « 1942-1944 : 11 400 enfants juifs déportés de France à Auschwitz », qui a été présentée dans les gares de 2002 à 2004 avec le soutien de SNCF.

Le projet du Camp des Milles a commencé avec l’inauguration officielle le 16 décembre 1990 d’un « Chemin des Déportés » qui correspond au trajet qu’effectuaient les déportés du camp vers les trains. Le 9 octobre 1991, le comité de coordination devient « l’Association du Wagon Souvenir des Milles », qui regroupe l’ensemble des associations locales de déportés, d’internés et de résistants ainsi que la communauté juive et l’Amicale des anciens déportés d’Auschwitz. En 1992, l’Amicale des déportés d’Auschwitz obtient de la SNCF un ancien wagon, aménagé ensuite en lieu de mémoire de la déportation, inauguré le 9 novembre par une opération d’information et d’éducation, baptisée « Mémoire pour demain », organisée en étroite collaboration avec le Rectorat d’Aix-Marseille et les collectivités publiques.
Pour en savoir plus sur l’histoire du projet : http://www.campdesmilles.org/fondation-genese.html

En 2011, un wagon de l’époque de la guerre, identique à ceux utilisés pour la déportation, est identifié sur le triage de Miramas, et rénové grâce à un financement conjoint de la SNCF, du Comité d’établissements des cheminots PACA, qui a lancé avec la Fondation Camp des Milles une souscription publique, de la Région PACA. La rénovation à l’identique a été menée au technicentre de Nîmes.  Il est inauguré le 21 septembre 2015 et remplace celui qui avait été installé en 1992.

Pour en savoir plus :
Le site du camp des Milles – visiter le camp des Milles en images

En gare de Compiègne-Margny

En 2007, la SNCF participe à l’installation d’un wagon témoin en gare de Compiègne-Margny-lès-Compiègne (Oise). De cette gare sont déportées de mars 1942 à août 1944 près de 50 000 personnes. Les deux premiers convois de Juifs quittent Compiègne-Margny le 27 mars et le 5 juin 1942 pour Auschwitz. Le 6 juillet 1942 part le premier convoi de détenus « politiques », principalement des communistes, également dirigés vers Auschwitz. À compter de janvier 1943, la déportation de répression devient un phénomène de masse. En plus des petits transports vers les prisons allemandes, 28 grands convois d’un à deux milliers de déportés prennent la direction des camps de Auschwitz, Buchenwald, Dachau, Mauthausen, Natzweiler-Struthof, Neuengamme, Ravensbrück (pour les femmes), Sachsenhausen et leurs camps satellites. Avant leur départ, une majorité de ces déportés est rassemblée au camp d’internement de Compiègne-Royallieu, distant de 4 kilomètres de la gare de Compiègne-Margny.

La déportation de répression, qui toucha environ 88 000 personnes, selon les travaux de la Fondation pour la mémoire de la Déportation, vise les personnes arrêtées en raison d’activités de résistance, d’opinions et de propos jugés dangereux pour les nazis ou leurs collaborateurs, ainsi que des otages, des raflés et des auteurs de délits de droit commun. La mortalité des déportés de répression est estimée à plus de 40 %.

À la gare, le Mémorial du wagon de la Déportation est inauguré en mars 2013, sur un quai mis à disposition par SNCF et classé monument historique. Désormais deux wagons y sont exposés, proposant des témoignages audiovisuels d’anciens déportés. Ouvert au public sur rendez-vous, ce site reçoit notamment de nombreux groupes de scolaires.

Pour en savoir plus : le site du Mémorial de Margny-lès-Compiègne

Le Mémorial du camp de Compiègne-Royallieu

Lors de son internement au camp de Royallieu à Compiègne (Oise), le poète Robert Desnos écrit à sa compagne, Youki : « J’ai coupé au dernier départ et j’espère bien ne pas être du prochain. Je suis ici avec des gens très bien et gentils : communistes, gaullistes, royalistes, curés, nobles, paysans. C’est une salade extraordinaire. » Déporté le 27 avril 1944, Desnos est mort à Terezin le 8 juin 1945.

Près de 45 000 personnes ont été internées dans la caserne de Royallieu, construite en 1913, transformée en 1941 par la Wehrmacht en « camp de concentration permanent pour éléments ennemis actifs » puis en « camp de détention de police allemand ». Les détenus forment une population composite, tant par les nationalités, très diverses, que par les motifs des arrestations. Le camp de Royallieu joue un rôle central dans la politique allemande d’occupation. Si les internés sont majoritairement des politiques et des résistants, qui sont tous en transit, en provenance de l’ensemble des prisons de France et à destination des camps nazis, il y a également des internés civils (Russes, Américains, entre autres) et des Juifs. Le camp de Royallieu joue un rôle central dans la politique allemande d’occupation. Si les internés sont majoritairement des politiques et des résistants, qui sont tous en transit, en provenance de l’ensemble des prisons de France et à destination des camps nazis, il y a également des internés civils (Russes, Américains, entre autres) et des Juifs.

Afin de perpétuer la mémoire de tous ces détenus et faire connaître une histoire complexe, un Mémorial de l’internement et de la déportation est créé sur le site même de l’ancien camp ; il est inauguré en février 2008. Un parcours historique s’étend sur deux bâtiments conservés de l’ancienne caserne, autour desquels gravitent la chapelle, le tunnel d’évasion et le mur des noms. Le parcours fait entrer le visiteur au cœur de l’histoire et de la mémoire de la déportation, grâce également à de nombreux témoignages de rescapés. Un service pédagogique et un espace scientifique sont à la disposition des visiteurs et des chercheurs.

Le mur des noms du Mémorial de Compiègne-Royallieu, 14 février 2020. ©SNCF

le 14 février 2020 est inaugurée la troisième version du « Mur des noms » qui rend hommage aux 43 553 personnes qui sont passées par le camp pendant la Seconde Guerre mondiale. SNCF a soutenu le travail de recherche qui a permis l’établissement de cette liste, augmentée de 4 700 noms, et la réfection du dispositif.

Pour en savoir plus sur le Mémorial de Compiègne-Royallieu

Pour en savoir plus : site du Mémorial de Compiègne-Royallieu
Accès
:
2 bis, avenue des Martyrs de la Liberté, 60200 Compiègne
(Arrêt Saint-Côme – Mémorial sur la ligne 5 du TIC)
Téléphone : 03 44 96 37 00
accueil@memorial-compiegne.fr

 Le Mémorial de Nanteuil-Saâcy

Le Mémorial du dernier convoi de la Déportation en Seine-et-Marne a été inauguré en gare de Nanteuil-Saâcy le 23 juin 2012, en présence des représentants de l’État, du comité organisateur, de la Fédération nationale des Associations de déportés et internés de la Résistance et de SNCF.

Ce mémorial rend hommage aux 2 400 résistants et résistantes détenus dans les prisons de Fresnes et Romainville déportés par les SS le 15 août 1944. Parti de la gare de marchandises de Pantin le 16 au matin, le train s’arrête à Nanteuil en raison de la destruction du pont enjambant la Marne par l’aviation britannique. Les prisonniers, encadrés par les SS, parcourent à pied plusieurs kilomètres pour rejoindre un train situé à la sortie de la gare de Saâcy, de l’autre côté de la Marne.

Une semaine plus tard, les hommes rejoignent le camp de concentration de Buchenwald et les femmes celui de Ravensbrück. La plus grande partie des hommes est ensuite transférée dans l’enfer des camps de Dora, Ellrich et Nordhausen.

Les nazis déportent également dans ce convoi 158 aviateurs alliés dont les avions ont été abattus en France. Après un arrêt à Buchenwald, ils sont transférés dans un camp de prisonniers de guerre.
La SNCF a remis un wagon dont la rénovation a été effectuée dans les ateliers de maintenance de SNCF à Béziers (Hérault), avant que le wagon soit acheminé jusqu’en gare de Nanteuil-Saâcy par des cheminots.

Au Chambon-sur-Lignon

L’engagement des habitants du Chambon-sur-Lignon (Haute-Loire) et de toutes les communes du plateau du Vivarais est un exemple exceptionnel d’humanité. Pendant la Seconde Guerre mondiale, des milliers de persécutés, dont une majorité de Juifs, trouvent refuge et assistance dans les différents villages. Les habitants sans armes refusent d’obéir aux lois du gouvernement collaborateur de Vichy et sauvent un grand nombre de personnes. Ces villages sont devenus le symbole de la résistance civile.

En 1990, l’État d’Israël reconnaît dans leur ensemble tous les habitants du Chambon et ceux des communes voisines comme « Justes parmi les nations ». Un jardin et une stèle honorent leur action au Mémorial de Yad Vashem à Jérusalem. Hommage leur est également rendu dans l’Allée des Justes au Mémorial de la Shoah à Paris et à l’United States Holocaust Memorial Museum à Washington.

Un lieu dédié à l’histoire des Justes et des résistances durant la Seconde Guerre mondiale a été créé au Chambon-sur-Lignon et inauguré le 5 juin 2013. Ce site-mémorial est réalisé sous le haut patronage de François Hollande, président de la République, et le parrainage de Simone Veil, ancienne déportée, qui fut ministre d’État et présidente du Parlement européen et était alors présidente d’honneur de la Fondation pour la mémoire de la Shoah.

SNCF, partenaire du projet, a contribué au financement de la rénovation du bâtiment, ce qui a permis la mise en place d’une exposition permanente.

Mémorial au Chambon-sur-Lignon, espace d’exposition permanent : la Résistance civile et l’accueil des réfugiés. ©Jean-Marc-Demars

Pour en savoir plus :
Le site du mémorial au Chambon-sur-Lignon : https://www.memoireduchambon.com/ et la visite interactive : https://www.memoireduchambon.com/lieu-de-memoire/parcours-museographique/
Le dépliant présentant le mémorial à télécharger : https://www.memoireduchambon.com/wp-content/uploads/2020/04/flyer-LDM.pdf

Accès :
Lieu de Mémoire au Chambon
23, route du Mazet
43400 Le Chambon-sur-Lignon, France
+33 (0)4 71 56 56 65
accueil@memoireduchambon.com

Le wagon de Penne d’Agenais

Le 30 mai 2014 est inauguré devant la gare de Penne (Lot-et-Garonne) le « wagon du souvenir », mis à disposition par SNCF. Il commémore la déportation, 70 ans plus tôt, de 1 200 résistants emprisonnés à la centrale d’Eysses, à Villeneuve-sur-Lot, et livrés aux nazis par le gouvernement de Vichy. Trois mois après l’insurrection de ces détenus à la centrale, le 19 février 1944, et l’exécution de 12 d’entre eux, ils entamaient le 30 mai 1944 leur long voyage vers le camp de Dachau. A côté du wagon, qui date de 1909, un monument porte le nom des déportés. Un buste de Jean Ferrat, auteur de Nuit et Brouillard, a été ajouté à sa droite.

L’ensemble monumental en mémoire des déportés d’Eysses en gare de Penne. ©Mossot, 2015

Le monument de Portes-lès-Valence

L’important dépôt ferroviaire de Portes-lès-Valence (Drôme) est le théâtre de nombreuses actions de la Résistance sous l’Occupation. En représailles à des sabotages de locomotives et de bâtiments survenus les 7 et 8 juillet 1944, les Allemands fusillent le 8 juillet, contre un mur du dépôt, 33 otages pris parmi les détenus du fort de Montluc à Lyon dont trois Drômois. Le « monument aux fusillés » élevé à leur mémoire a été restauré avec le soutien de SNCF.

Pour en savoir plus sur Portes-lès-Valence pendant la guerre : http://www.ville-portes-les-valence.fr/rubrique/ville/histoire-portes-les-valence.php?id_r=43&id=5019&limite=0#read

 La gare de Pithiviers

Suite à un accord de partenariat signé en mai 2017, SNCF et le Mémorial de la Shoah ont procédé à la création d’un lieu de mémoire au sein de l’ancienne gare de voyageurs de Pithiviers (Loiret), inauguré en 2021. Entre 1941 et 1943, 16 000 Juifs sont internés dans les camps de Pithiviers et de Beaune-la-Rolande. Ils étaient arrivés par les gares de ces deux communes et en repartirent à destination des camps d’internement de la région parisienne, en particulier du camp de Drancy. Parmi eux figurent les 4 400 enfants victimes de la rafle du Vel’ d’Hiv’, qui avaient été séparés de leurs parents. C’est toujours seuls qu’ils furent transférés de Pithiviers vers Drancy puis déportés vers Auschwitz, tandis que 8 100 Juifs furent déportés directement du Loiret à destination du camp d’Auschwitz-Birkenau, en 8 convois.

Dans les murs de la gare de Pithiviers est installé un centre d’information et d’éducation. D’une surface de 400 mètres carrés, il est doté d’une exposition centrée sur l’internement des Juifs et sur leur déportation, évoquant l’histoire de cette gare. L’espace est organisé pour accueillir des scolaires et des groupes et développer des activités éducatives.

Ce lieu, porté et animé par le Mémorial de la Shoah, fonctionne en synergie avec le Cercil – Musée Mémorial des enfants du Vel’ d’Hiv’. Situé à Orléans, ce musée créé en 2011 dispose d’un centre de ressources ainsi que d’une exposition permanente sur les camps du Loiret.

Pour en savoir plus sur les camps du Loiret : http://www.cercil.fr

La gare de Pithiviers (Loiret) avant rénovation, 2018. ©SNCF