En 2007, la SNCF participe à l’installation d’un wagon témoin en gare de Compiègne-Margny-lès-Compiègne, dans l’Oise. De mars 1942 à août 1944, près de 50 000 personnes sont déportées depuis cette gare.
La gare de Margny-lès-Compiègne, un lieu majeur de la déportation
Les premiers convois de Juifs quittent Compiègne-Margny les 27 mars et 5 juin 1942, à destination d’Auschwitz. Le 6 juillet 1942 part le premier grand convoi de détenus « politiques », principalement des communistes, également dirigé vers Auschwitz. À partir de janvier 1943, la déportation de répression prend une dimension massive. Aux transports de plus petite ampleur vers les prisons et camps allemands s’ajoutent 28 grands convois, comptant chacun entre un et deux milliers de déportés, à destination notamment d’Auschwitz, Buchenwald, Dachau, Mauthausen, Natzweiler-Struthof, Neuengamme, Ravensbrück pour les femmes et Sachsenhausen, ainsi que de leurs nombreux camps satellites.
Avant leur départ, la majorité de ces déportés est internée au camp de Compiègne-Royallieu, situé à environ quatre kilomètres de la gare. Ouvert par les autorités allemandes en juin 1941, le camp constitue l’un des principaux lieux d’internement et de rassemblement des personnes destinées à la déportation depuis la France.
La déportation de répression concerne environ 88 000 personnes, selon les travaux de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation. Elle frappe principalement les personnes arrêtées en raison de leurs activités de résistance, de leurs opinions ou de propos considérés comme hostiles par les autorités allemandes et leurs collaborateurs. S’y ajoutent des otages, des personnes arrêtées lors de rafles ainsi que des détenus de droit commun. Les conditions de détention et de déportation sont particulièrement meurtrières : la mortalité des déportés de répression est estimée à plus de 40 %.
Un lieu de mémoire au cœur de la gare
Le Mémorial du wagon de la Déportation est inauguré en mars 2013 sur un quai mis à disposition par la SNCF et classé au titre des monuments historiques. Le site présente aujourd’hui deux wagons et propose des témoignages audiovisuels d’anciens déportés, permettant de mettre des visages et des voix sur l’histoire de la déportation.
Ouvert au public sur rendez-vous, le mémorial accueille notamment de nombreux groupes scolaires. Il constitue ainsi un lieu de transmission et de sensibilisation, permettant aux jeunes générations de comprendre l’histoire de la déportation depuis Compiègne et le rôle joué par la gare dans le système nazi de persécution et de déportation.

