Lors de son internement au camp de Royallieu, à Compiègne (Oise), le poète Robert Desnos écrit à sa compagne, Youki :
« J’ai coupé au dernier départ et j’espère bien ne pas être du prochain. Je suis ici avec des gens très bien et gentils : communistes, gaullistes, royalistes, curés, nobles, paysans. C’est une salade extraordinaire. »Robert Desnos, poète
Ces quelques lignes témoignent de la diversité des hommes internés à Royallieu. Arrêté par la Gestapo en février 1944, Robert Desnos est déporté le 27 avril 1944. Après plusieurs transferts dans les camps nazis, il meurt à Terezín, en Tchécoslovaquie, le 8 juin 1945, quelques semaines après la libération.
Royallieu, un camp au cœur de la répression allemande
- 1913 : construction de la caserne de Royallieu à Compiègne
- 1941 : transformation du site en camp d’internement sous administration allemande
Construite en 1913, la caserne de Royallieu est transformée par la Wehrmacht en 1941 en camp d’internement, puis placée sous l’autorité de la police allemande. Le site devient l’un des principaux lieux de rassemblement et de transit des prisonniers arrêtés par les autorités allemandes en France avant leur déportation vers les camps nazis.
La population internée est particulièrement diverse : résistants, prisonniers politiques, civils étrangers, notamment Russes et Américains, ainsi que des Juifs. Pour beaucoup d’entre eux, Royallieu constitue une étape avant la déportation. De nombreux convois partent de Compiègne vers les camps de concentration et d’extermination nazis, notamment Buchenwald, Dachau, Mauthausen ou Auschwitz.
Près de 45 000 personnes y sont internées entre 1941 et 1944.
Un lieu de mémoire
Inauguré en février 2008 sur le site de l’ancien camp, le Mémorial de l’internement et de la déportation conserve et transmet l’histoire de Royallieu et de ceux qui y furent interné
Le parcours historique s’appuie sur deux bâtiments conservés de l’ancienne caserne et sur plusieurs lieux emblématiques : la chapelle, le tunnel d’évasion et le mur des noms. Documents d’archives, photographies et témoignages de rescapés permettent de restituer l’histoire du camp et les parcours individuels des détenus.
Le Mémorial propose également un service pédagogique pour les jeunes publics et un espace scientifique destiné aux chercheurs. Il associe ainsi conservation du patrimoine, recherche historique et transmission de la mémoire de l’internement et de la déportation.
le 14 février 2020 est inaugurée la troisième version du “Mur des noms” qui rend hommage aux 43 553 personnes qui sont passées par le camp pendant la Seconde Guerre mondiale.
SNCF a soutenu le travail de recherche qui a permis l’établissement de cette liste, augmentée de 4 700 noms, et la réfection du dispositif.


