Partenariat de recherche avec Yad Vashem

En 2012, la SNCF a conclu un accord de partenariat avec Yad Vashem, l’Institut international pour la mémoire de la Shoah, à Jérusalem. Ce partenariat a permis de soutenir un vaste projet de recherche consacré aux déportations des Juifs d’Europe pendant la Shoah, intitulé « Convois vers l’extermination : base de données de la déportation pendant la Shoah ».

Documenter les déportations depuis la France

Le soutien de la SNCF porte plus particulièrement sur le volet français de cette recherche. Celui-ci vise à reconstituer les itinéraires des convois de déportés juifs partis de France et à documenter le parcours des 75 721 personnes déportées depuis la France, dont la grande majorité a été acheminée vers Auschwitz-Birkenau.

Cette recherche s’appuie notamment sur les travaux de Serge Klarsfeld, publiés dans le Mémorial de la déportation des Juifs de France, ouvrage de référence qui recense les convois et les personnes déportées depuis la France.

Elle s’appuie également sur l’étude des archives 1939-1945 de la SNCF. Une copie numérisée de ces dossiers a été remise à Yad Vashem en janvier 2012 afin de permettre aux chercheurs d’examiner les documents relatifs à l’organisation et à l’acheminement des convois. Ces sources sont mises en regard d’autres documents : témoignages de rescapés, archives privées et photographies, qui permettent de compléter la connaissance des parcours et de restituer, au-delà des données administratives, l’expérience vécue par les personnes déportées.

L’engagement de la SNCF envers la mémoire de la Shoah

En avril 2025, Jean-Pierre Farandou, alors Président de la SNCF, s’est rendu à Yad Vashem, à Jérusalem, où il a été accueilli par Dani Dayan, Président de l’institution, à la sortie du Monument des Enfants. Cette rencontre a été l’occasion de réaffirmer l’engagement de la SNCF en faveur de la mémoire de la Shoah et de rappeler sa reconnaissance du rôle joué par l’entreprise dans les déportations pendant la Seconde Guerre mondiale.

Dani Dayan a d’abord exprimé sa gratitude à Jean-Pierre Farandou pour sa visite et a souligné l’importance de l’engagement de la SNCF dans le travail de mémoire. Il a notamment rappelé que l’entreprise avait été l’une des premières organisations françaises à reconnaître publiquement son rôle dans les déportations.

Le Président Farandou a évoqué l’émotion profonde ressentie lors de sa visite à Yad Vashem et rappelé l’importance de transmettre les enseignements de la Shoah. « Notre principale préoccupation aujourd’hui est de tirer les leçons de la Shoah afin qu’une telle tragédie ne se reproduise plus jamais », a-t-il déclaré. Il a également insisté sur la nécessité de préserver l’accès aux faits et aux sources historiques, dans un contexte où « beaucoup ont intérêt à ce que les faits soient cachés ou déformés ».

Dani Dayan a ensuite évoqué le parcours de Yitzhak (Iso) Schonberg, déporté par un convoi ferroviaire, et donné lecture de sa dernière lettre, particulièrement poignante. Il a également salué plusieurs contributions de la SNCF au travail historique et mémoriel, notamment la mise à disposition de ses archives de guerre pour les chercheurs, qui permet d’approfondir la connaissance des déportations. Il a par ailleurs souligné le soutien apporté par la SNCF à l’accessibilité en français des ressources de Yad Vashem, contribuant ainsi à leur diffusion auprès d’un public plus large.

Cette rencontre a ainsi mis en lumière l’importance du travail conjoint entre institutions mémorielles et acteurs historiques : préserver les sources, favoriser la recherche et transmettre une connaissance documentée de la Shoah aux générations futures. Le Président Farandou a réaffirmé à cette occasion la volonté de la SNCF de poursuivre ce travail de transparence et de recherche historique, en s’appuyant sur ses archives et sur l’établissement des faits.